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Morts pour Napoléon

Tous les jeunes soldats de Napoléon, originaires de Loubillé et morts pour lui, n’ont pas fait l’objet d’un acte de décès. Cela se comprend compte-tenu des circonstances, imaginons le passage de la Bérézina avec ses noyés, ses disparus. Nous avons cependant pu relever quelques noms sur les registres de décès de la commune.

  • Le 31 décembre 1808, Antoine DAVID est décédé à 21 ans, à l’hôpital d’Agen, il était à la 3e Compagnie du 4eBataillon du 59e RI. Mais nous ne savons pas si cela est une conséquence directe de la guerre.
  • Le 22 mai 1811, Antoine FREDONNET, fils de Jean Fredonnet et Jeanne Jousse, matricule 2691, carabinier au 2e Bataillon du 24e Régiment d’infanterie légère, décédé près de Lhéréna en Extramadure (Espagne du Sud-Ouest ) par suite de blessure de l’ennemi.
  • Le 17 février 1814, Charles GUERINEAU, soldat à la 1ère compagnie du 1er bataillon du 119e Régiment de ligne (Infanterie), comme ses comparses de Loubillé morts au service de l’ogre Napoléon, ne figure pas sur le monument aux morts de Loubillé. Il est mort à l’hôpital civil de Sées (61) où il était entré le 3 février 1814 pour cause de fièvres. (début 1814, Napoléon 1er se bat dans l'Est de la France contre les Prussiens).
  • Le 25 mai 1814, Pierre NÉ, né en l’An II à Loubigné, fils de Pierre Né et Marie-Ange Robin, soldat au 6e Régiment d’infanterie de ligne, décédé à Magdebourg des suites de fièvres.

Napoléon, exilé à Sainte-Hélène, dictait son testament le 15 avril 1821. La troisième partie est présentée comme un acte de reconnaissance à l'égard de ceux qui ont combattu « pour la gloire et l'indépendance de la France » de 1792 à 1815.

 

Napoléon et les médaillés de Sainte-Hélène

 

Napoléon III, neveu de Napoléon arrivé sur le trône impérial, décide d'honorer la parole de son oncle. Il institue le 12 août 1857, par un décret signé à Saint-Cloud, la médaille de Sainte-Hélène. « J'ai voulu, dit-il,qu'une médaille vienne rappeler à tous ceux qui avaient servi dans nos armées, la dernière pensée de leur chef. »


Dessinée par le graveur Albert Barre, la médaille de Sianite-Hélène est ronde, en bronze patiné, entourée sur ses deux faces d'une couronne de lauriers entrant aux extrémités dans une couronne impériale ornées de huit aigles, dont les têtes sont tournées vers la gauche. Elle est haute de 50 mm, large de 31 mm. Des modèles sont en or, d’autres en argent ou émaillés. La médaille est suspendue à un ruban vert à cinq raies rouges. Le profil droit de Napoléon Ier figure à l'envers de la médaille, avec de part et d'autre l'inscription « Napoléon Ier Empereur ». Egalement une inscription circulaire « campagnes de 1792 à 1815 », et, sur neuf lignes « à ses compagnons de gloire - sa dernière pensée - Ste.-Hélène - 5 mai 1821 ».


Les médailles sont livrées dans une boîte en carton recouvert de papier glacé blanc, sur le couvercle de laquelle apparaissent un aigle couronné et l'inscription : « Aux compagnons de gloire de Napoléon Ier - décret impérial du 12 août 1857 ». Ces médailles étaient accompagnées d'un diplôme (29 cm x 19 cm) portant le nom et le grade du titulaire, et l'unité dans laquelle il avait servi. Enfin, il est timbré à sec de la Grande Chancellerie de l'Ordre Impérial de la Légion d'Honneur et de la signature du Grand Chancelier. On compte environ 400.000 titulaires, en France et à l'étranger (les archives ont brûlé avec le palais de la Légion d'Honneur durant la Commune). Le 15 août 1857 avait lieu la première distribution : Jérôme Bonaparte (75 ans), les maréchaux Vaillant (ministre de la guerre), Magnan, Pelissier, Baraguay d'Hillier, l'amiral Amelin (ministre de la marine) seront des premiers médaillés. L'un des plus célèbres parmi les plus humbles: le Capitaine Coignet.


Pour Loubillé cette médaille a été décernée à :

  • François PAIN, Sergent au 4e Régiment de ligne de 1813 à 1815 (dossier 65081).
  • Jean GORNARD, soldat à la 4e Compagnie de la Garde de 1814 à 1814 (dossier 290250).
  • Joseph FAVRE, fusilier au 81e Régiment de ligne de 1810 à 1814 (dossier 65082).
  • Joseph TIRANT, simple militaire au 61e Régiment de ligne de 1805 à 1810 (dossier 65077).
  • Langlois BROUSSARD, soldat au 6e Léger de 1808 à 1815 (289895).
  • Louis CROIZARD, Sergent au 21e régiment de légers de 1802 à 1814 (dossier 65079).
  • Louis NORMAND, Caporal au 118e régiment de ligne de 1808 à 1814 (dossier 65078).
  • Louis SICARD, (grade inconnu) au 1er Hussard de 1806 à 1815 (dossier 65080).

Les oubliés de 1870-71

A noter que les morts de la guerre de 1870-1871 figurent regroupés pour le département sur un monument particulier érigé à Melle, en octobre 1881 sur la place Bujault (place du champ de foire) en mémoire des mobiles et francs-tireurs des Deux-Sèvres tués ou disparus pendant la guerre contre l’Allemagne. Ce monument a été déplacé sur la Place Saint-Pierre, auprès de l'église Saint-Pierre, vers 1900. Il affiche 148 noms répartis par arrondissement mais sans préciser les communes.

 

mom melle 1780


La liste des morts du Mellois « tués à l’ennemi ou morts de leurs blessures » est étonnamment courte. En effet, elle ne porte que 18 noms (dont cinq disparus). Or, pour Loubillé, on compte au moins dix victimes, mais curieusement aucun ne figure sur ce monument du souvenir.

Nous avons fouillé les registres de décès de la commune de Loubillé et les documents conservés pieusement par les archives départementales à Niort.

Le préfet des Deux-Sèvres1a demandé le 29 novembre 1880 aux maires du département de lui communiquer « les noms et prénoms de tous les officiers, sous-officiers, soldats de l’armée active, garde mobile et garde mobilisée, domiciliés2dans la commune et décédés pendant la guerre de 1870-1871 ». Le maire de Loubillé fournit l’état suivant qui sera ensuite complété :

  • Le 22 janvier 1871, Henri Joseph SICAUD, 27 ans, célibataire, fils de Jean Sicaud et Marie Macaud (décédée), garde mobile des Deux-Sèvres, décédé à l’ambulance du Petit Séminaire à Poitiers (86).
  • Le 6 février 1871, Jean TURCAT, trente ans, né à Tusson (16) fils de Joseph Turcat (décédé) et Marie Brun qui habite Loubillé, célibataire, soldat au 22e régiment de ligne, décédé dans la maison de ses parents.
  • Le 24 janvier 1871 (d’après l’état civil, mais le 11 novembre 1870 selon l’état de la préfecture), François VEZINAT, 34 ans, né à Loubillé, célibataire, fils de François Vezinat et Jeanne Mault, garde mobilisé décédé à l’hospice de Montmorillon (86).
  • Le 15 mai 1871, François CROISARD, né à Bouin, fils de François Croisard et Marie Chassin, garde mobile des Deux-Sèvres, décédé à l’hospice civil de Besançon (25).
  • Le 23 avril 1871, Henri RANGER, né le 14 février 1850 à Loubillé fils de Jacques Ranger et Jeannette Croizard, matricule 7655, soldat de 2e classe au 74e de marche, 3e bataillon, 2e compagnie, garde mobile décédé à l’hôpital militaire de Versailles où il était entré le 7 avril pour variole hémorragique.
  • Le 26 février 1871, Pierre FRAPPIER, 23ans, né à Montjean (16), fils de Pierre-Auguste Frappier et de Marie Billaudeau, époux de Henriette Benoist résidants à La Mort-Limousin, garde mobile des Deux-Sèvres, décédé à l’ambulance des Fontenelles, à Souché près de Niort.
  •  Le 3 février 1871, Louis PASSERAUD, garde mobilisé décédé à Saint-Nazaire (44).
  • Le 28 février 1872, Frédéric MACHET 24 ans fils de Serge Machet et Jeanne Tafforin, garde mobilisé, décédé à l’ambulance de la Douane à Saint-Nazaire (44).
  • Le 30 janvier 1871, Henri SICOT, garde mobilisé décédé à Cherbourg.
  • Le 8 février 1870, Joseph MARTIN, soldat au 34e mobile de la garde mobile, décédé à Bâle en Suisse.

 

IMPORTANT

 

Jean-Paul Blanchard jeanpaulblanchard@hotmail.com nous invite à l'aider : "Je suis très attentif à redonner une mémoire aux soldats de cette époque aussi je peux vous épauler dans ces recherches, le tout est que j'ai un correspondant dans votre département qui puisse m'aider pour les actes de naissances et de décès ; la liste de noms donnée par le maire de l'époque est sans doute approximatif car il ne possédait pas tous les éléments précis afin de donner des informations complètes ; et beaucoup d'actes de décès non pas été retranscris par les autorités militaires auprès des mairies ; les régiments étaient souvent mal cités, et souvent confusion il y avait entre régiments de ligne, de marche, et de gardes mobiles (mais maintenant on arrive à s'y retrouver) ; si vous avez un moment essayer de me retrouver les actes de naissances de ces soldats cités attention ils avaient souvent à cette époque plusieurs prénoms et il en était seulement cité un seul par les autorités militaires, d’où une grande confusion...

Une chose est certaine, les archives militaires suisse citent, Alexis Joulin, natif de Loubillé, Deux Sèvres, 34eme régiment de garde mobiles, et on peut leur faire confiance car ils ont été précis dans leurs relevés, on peut donc en déduire que l'acte de décès n'a pas été communiqué par les autoritésfrançaises auprès de votre mairie de Loubillé (cela a été souvent le cas).


Jean-Paul Blanchard est un collaborateur précieux 

"Je fais des recherches sur les soldats qui sont décédés pendant le conflit prussien de 1870-1871 et je travaille, en outre, avec un groupe de recherche militaire suisse ; à la fin de ce conflit l'armée du général Bourbaki, dite Armée de l'Est, s'est réfugiée en Suisse le 1er février 1871 afin de ne pas être prise par l'armée prussienne du général von Manteuffel ; il existait dans le 20eme corps d'armée, général Clinchant, un 34eme régiment de garde mobile des Deux Sèvres, colonel Rouget, de la 2eme division général Thornton, 1ere brigade général de Seigneurens  ; cette armée de 87 000 hommes est restée internée en Suisse pendant trois mois et malgré tous les soins prodigués par les autorités suisses, 1763 soldats sont décédés de maladie, parmi eux j'ai relevé 51 soldats natifs des Deux-Sèvres et entre autre le garde mobile Joseph Martin que vous citez sur le site de Loubillé ; je rectifie d'après mes documents : Joseph Martin garde mobile au 34eme régiment de gardes mobiles des Deux-Sèvres (vous citez le 94eme, or ce régiment n'a jamais existé dans l'armée de l'Est) natif de Loubillé, Deux Sèvres, décédé le 8 février 1871 à Boudevilliers canton de Neuchâtel Suisse (il est cité par erreur Bâle) acte de décès suisse n° 1650.  Sa sépulture existe toujours et son nom est inscrit sur le monument commémoratif de Boudevilliers. J'ai aussi dans mes documents un nommé Alexis Joulin natif de Loubillé mais je n'en vois aucune trace dans vos relevés. Je reste à disposition si vous, ou un chercheur de ce conflit de votre entourage,  souhaitez des renseignements".
Email Jean-Paul Blanchard : jeanpaulblanchard@hotmail.com

 

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