Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

DES ENFANTS DE LOUBILLÉ SONT MORTS POUR LA PATRIE

 

Les communes n’entendront guère parler de monuments aux morts avant la fin de la première guerre mondiale. D’autant que la mention « mort pour la France » n’a été instituée qu’en 1915 par la loi du 2 juillet. Les soldats de « la Grande Armée » de Napoléon morts pour l’Empire n’auront pas de monument dans leur commune, les morts de la guerre contre l’Allemagne (1870-1871) non plus, mais seront honorés au niveau des départements ou des arrondissements. Ainsi à Melle pour les soldats de Loubillé.

Mort pour la France

C’est pendant la première guerre mondiale, le 2 août 1914, que la mention « Mort pour la France » devient applicable. La loi de 1915 sera modifiée par celle du 28 février 1922 qui substitue à l’expression « mort des suites de ses blessures ou d’une maladie contractée sur le champ de bataille » l’expression « mort de blessures ou maladies contractées en service commandé, ou encore des suites d’accidents survenus en service ou à l’occasion du service, en temps de guerre » ; elle procède également à une modification des dispositions relatives aux civils, en étendant celles-ci sans restriction à « tout civil ayant succombé à la suite d’actes de violences commis par l’ennemi ». Elle étend enfin l’attribution de la mention à « tout otage, à tout prisonnier de guerre, militaire ou civil, mort en pays ennemi ou neutre, des suites de ses blessures, de mauvais traitements, de maladies contractées ou aggravées en captivité, d’un accident du travail ou fusillé par l’ennemi ».

C’est l'article L. 488 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre qui précise aujourd’hui les conditions dans lesquelles peut être portée la mention « Mort pour la France » en marge des actes de décès.


« Doit, sur avis favorable de l'autorité visée ci-dessous, porter la mention « Mort pour la France » tout acte de décès :

D'un militaire des armées de terre, de mer ou de l'air tué à l'ennemi ou mort de blessures de guerre ;

D'un militaire mort de maladie contractée en service commandé en temps de guerre ;

D'un militaire mort d'accident survenu en service, ou à l'occasion du service en temps de guerre ;

D'un marin du commerce, victime d'événements de guerre ;

De tout médecin, ministre du culte, infirmier ou infirmière des hôpitaux militaires et des formations sanitaires, ainsi que de toute personne ayant succombé à des maladies contractées au cours de soins donnés aux malades et blessés de l'armée en temps de guerre ;

De toute personne décédée en combattant pour la libération de la France ou en accomplissant des actes de résistance ;

De toute personne exécutée à la suite d'une condamnation résultant de mesures d'exception prises par l'autorité de fait se disant gouvernement de l'État français, notamment par application des actes dits lois des 24 avril 1941, 7 septembre 1941, 7 août 1942, 8 septembre 1942, 5 juin 1943 et 20 janvier 1944, en raison de leur attitude pour la cause de la libération ;

De tout otage, tout prisonnier de guerre, toute personne requise par l'ennemi, tout déporté, exécutés par l'ennemi ou décédés en pays ennemi ou occupé par l'ennemi des suites de blessures, de mauvais traitements, de maladies contractées ou aggravées ou d'accidents du travail survenus du fait de leur captivité ou de leur déportation ;

De toute personne décédée à la suite d'actes de violence constituant une suite directe de faits de guerre ;

De tout militaire décédé dans les conditions visées aux 1er, 2ème et 3ème alinéas après avoir été incorporé de force ou après s'être engagé sous l'empire de la contrainte ou la menace de représailles dans les armées ennemies ;

De tout réfractaire décédé des suites d'accident, maladie ou blessure consécutifs à sa position hors la loi et pour le service du pays ;

De tout membre des forces armées françaises, de la gendarmerie, de la garde mobile, des compagnies républicaine de sécurité, du service d'ordre, ou des éléments engagés ou requis, tombé en service commandé à l'occasion des mesures de maintien de l'ordre sur les territoires de l'Union française situés hors de la métropole et dans les Etats protégés par la France. »


L'autorité compétente pour donner l'avis favorable susvisé est, suivant le cas, le ministre des anciens combattants et victimes de guerre, le ministre de la marine marchande, le secrétaire d'Etat à la guerre, le secrétaire d'Etat à la marine, ou le secrétaire d'Etat à l'air.

Les plaques et les monuments aux morts

C’est la première guerre mondiale qui invite les communes à ériger un monument aux morts. La plupart s’y exécutent dès le début des années vingt, quasiment toutes. Certaines, peu disposées à la dépense, ont attendu la seconde rafale des « Morts pour la France » de 1939-1945 pour consentir à cet effort de mémoire gravé dans la pierre. Et les églises, comme celle de Loubillé, ou les temples arborent souvent une plaque à la mémoire des paroissiens morts pour la France.

Glorifier nos morts pour la France

Pour figurer sur le monument aux morts, il existe bien entendu des règles, la première est d’être légalement « Mort pour la France ». Des recours sont régulièrement engagés pour faire ajouter un nom à la longue liste « communale ».

La loi du 25 octobre 1919, relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la « grande guerre » et qui prévoyait, outre la tenue d'un livre d'or3portant les noms des morts pour la France et nés ou résidant dans la commune, a invité les communes, aidées dans ce cas par l'État à prendre toutes mesures de nature à «glorifier les héros morts pour la patrie ». Ultérieurement, les communes ont été vivement incitées à procéder à l'inscription des noms des morts pour la France des autres conflits sur leurs monuments aux morts.

Une circulaire du ministre de l'Intérieur en date du 18 avril 1919 a précisé les conditions d'application de l'article 28 de la loi du 9 décembre 1905 aux monuments commémoratifs élevés à la mémoire des soldats morts pour la France. Ces monuments ne peuvent être considérés comme des monuments funéraires, qui sont uniquement ceux élevés sur des tombes, ainsi qu'il ressort des travaux préparatoires de la loi du 9 décembre 1905. Les monuments érigés à la mémoire des enfants du pays morts pour la France sont des monuments commémoratifs qui rentrent dans la dénomination générale de monuments publics, employée par le législateur et qui ne sont pas compris au nombre des exceptions prévues par l'article 28 de la loi du 9 décembre 1905. L'interdiction prévue par cet article ne s'appliquerait pas à un monument qui serait érigé soit dans un cimetière soit sur un terrain communal ou- privé situé en dehors des rues, places ou routes de la commune.

L'art. 81 de la loi du 31 juillet 1920 fixe les conditions d'attribution de subventions aux communes désireuses d'ériger un monument aux morts. Au total 3421 communes postulaient le 6 avril 1921 pour 1 584 242 francs.

« La décision d'inscription4des noms des « morts pour la France », assimilable à l'approbation de plaques commémoratives individuelles, incombe, en effet, aux communes, sous la tutelle du préfet. Il n'existe toutefois aucune obligation d'inscription pour les communes qui y sont néanmoins régulièrement directement incitées et qui, le plus souvent, répondent spontanément à ce devoir de mémoire et de reconnaissance. En revanche, l'inscription des mentions autres, telles que les dates des conflits, ne fait l'objet d'aucune consigne particulière. En règle générale, la tradition observée par les communes est de ne pas faire figurer les dates de début et de fin du conflit au cours duquel sont tombés les militaires dont les noms figurent sur le monument aux morts. Les mentions portées sur les monuments commémoratifs doivent s'inscrire dans le cadre de la loi de 1919 et dans son esprit. En effet, l'article 1er de ce texte définissant la Première Guerre mondiale par l'ensemble de la période concernée « guerre 1914-1918 », il semble qu'il convienne de conserver un terme générique pour les conflits postérieurs : guerre 1939-1945, Indochine, Afrique du Nord, TOE (Théâtres d'opérations extérieurs). »

 

Il est évident que tous les soldats morts au combat, péris en mer, etc. n’ont pu être retrouvés. Ils furent d’abord considérés comme disparus. Après enquête, c’est un jugement du tribunal qui prononcera leur décès. Ce jugement intime aux communes concernées de mettre à jour l’état civil. C’est souvent par ignorance, que la rumeur a parfois porté préjudice à ces disparus en les assimilant à des déserteurs.

Les femmes pendant la guerre

« Jeunes ou vieilles5, les femmes étaient les gardiennes, gardiennes du foyer, gardiennes des maisons, de la terre, des richesses, gardiennes de ce qui avait été amassé par le patient effort des âges pour faciliter la vie de la race. »

 

____________

1 AD 79.

2 Ce qui explique l’absence d’actes de décès pour tous les soldats de Loubillé morts en 1870-1871.

3 Ces livres d’or (de simples listes) ont été établis mais bien souvent ne portent uniquement que le nom des « tués à l’ennemi ». Et ces livre d’or sont loin d’être complets, la main de l’homme guidée par de drôles de pensées a écarté de ces listes de braves soldats. Ainsi, les pauvres Poilus qui après avoir craché pendant quelques années toute leur « misère » seront écartés. De même que certains ont été oubliés du Monument aux Morts de leur commune.

4 Réponse du Ministère délégué aux anciens combattants publiée dans le JO Sénat du 07/12/2006.

5 Ernest Pérochon, « Les Gardiennes ».

 

__________________________

LE MONUMENT AUX MORTS DE LOUBILLÉ

Le 5 décembre 1919, Henri Beaumont, maire de Loubillé, adresse au Ministre de l’Intérieur une copie d’une délibération prise par le conseil municipal en date du 17 novembre 1919 en vue de demander à élever un monument commémoratif aux morts de la guerre1.

 

Il précise : « Ce monument qui consiste en une pyramide de 3 mètres de haut, ne portera d’autre inscription que les noms des morts et la dédicace « Aux enfants de Loubillé morts pour la France 1914-1918 ».

Je vous serais reconnaissant de vouloir bien provoquer le décret nécéssaire pour autoriser l’hommage public que comporte ce projet. »

 

Le 17 novembre 1919, le maire de Loubillé réunit son conseil pour lui soumettre le devis estimatif et les plans du monument aux morts qui seront, après délibération favorable, adressés à l’agent voyer de Chef-Boutonne. Le devis estimatif était de 3.000 francs.

 

Le 16 février 1920, le Ministre de l’Intérieur adresse sa réponse au Préfet des Deux-Sèvres.


« J’ai l’honneur de vous transmettre ampliation d’un décret en date du 12 février 1920 approuvant la délibération par laquelle le conseil municipal de Loubillé a décidé l’érection d’un monument à la mémoire des enfants de la commune morts pour la France.

Je vous prie de m’accuser réception de ce décret et d’en assurer l’éxécution. »

 

La bonne nouvelle transite par la sous-préfecture de Melle afin de respecter la voie hiérarchique et d’occuper les « ronds-de-cuir ».

Le 17 juillet 1920, le maire adresse en double une copie de la délibération « comportant la cération de ressources pour élever un monument aux morts de la guerre ». Cette délibération explique que la souscription publique a rapporté 1.000 francs et que le monument tout placé pourra coûter au maximum 5.000 francs. Le conseil considérant que la commune a des disponibilités suffisantes, dit que le crédit de 3.000 francs inscrit en 1919, sera reporté sur l’exercice et qu’il sera complété d’un nouveau crédit de 1.000 francs en 1920 (éventuellement reporté sur l’exercice 1921).

 

Le 24 août 1920, par marché passé de gré à gré, la réalisation du monument aux morts sera confiée à M. Georges Thibaudeau, entrepreneur à Moncoutant : « M. Georges Thibaudeau fournit à la commune de Loubillé un monument en granit pour commémorer le souvenir des morts pour la Patrie pendant laguerre 1914-1918, pour la somme totale de 2.120 francs, compris toutes fournitures et mise en place. » Approuvé à la préfecture de Niort le 7 septembre 1920.

Le 9 septembre 1920, l’architecte (agent-voyer) garantit qu’il peut être payé à M. Thibaudeau la somme de 2.120 francs.

La liste des noms des enfants de la commune « Morts pour la France » peut commencer à être gravée… Le 11 novembre suivant, devant la population rassemblée, le souvenir sera commémoré…

 

mom_loubille.jpg


Aperçu de la mobilisation


Nous ne possédons pas de renseignements particuliers sur la mobilisation de la guerre de 14-18 à Loubillé, mais à défaut, nous vous proposons des exemples tirés des cahiers rédigés par les instituteurs2des communes charentaises voisines.

 

A Villefagnan, M. Piveteau consigne : « La dernière semaine de juillet 1914 est une semaine d’attente, d’attente fébrile de nouvelles. L’angoisse grandit avec le rappel des permissionnaires le 28 juillet. Le 1er juillet est une journée déprimante entre toutes. Les gendarmes, consignés à la poste, attendent l’ordre de mobilisation générale. Quatre heures et demie… C’en est fait ! L’ordre de mobilisation arrive. Consternation générale ! Quelques instants après le tocsin sonne, le tambour bat ».

 

A Tuzie, M. Rollet décrit les premiers instants : « Pendant ce temps le garde-champêtre lit à tous les carrefours le décret de mobilisation ; ceux qui travaillent dans les champs se hâtent vers leurs demeures, de loin ils ont entendu le tambour et tout deviné. Parmi eux, il y en a qui sont affectés à la garde des voies ferrées, ils doivent partir immédiatement ; ils prennent à peine le temps de ramasser un menu bagage et rejoignent le poste qui leur a été désigné3 ».

 

A La Faye, M. Jolly inscrit : « La mobilisation fut accueillie par toute la population, sinon avec enthousiasme, du moins avec courage et patriotisme… Les hommes arrivent des champs, pâles mais résolus, les femmes sanglotent. Les appelés sans délais ayant brusquement quitté leurs occupations, se hâtent, vont chercher leurs livrets, les consultent, préparent leur paquetage… ».

A Tuzie, M. Rollet souligne le patriotisme des mobilisés : « Tous sont animés d’une sainte colère et d’un même patriotisme… Ils oublient la famille pour ne plus penser qu’à la Patrie ». Et le courage des femmes : « Les moissons n’étaient pas complètement achevées au moment de la déclaration de la guerre, toutes les gerbes étaient dehors et dans bien des champs le blé était encore sur pied. Les femmes se demandaient comment elles pourraient achever seules ce pénible travail, et quelques unes dont les chevaux avaient été pris immédiatement pour la remonte, étaient particulièrement embarrassées. Du reste, accablées par la douleur et le désespoir, peut-être n’avaient-elles pas la force de chercher de moyen de se tirer d’affaire ». Les enfants font preuve de vaillance : « A l’exemple de leurs mères, les enfants redoublent d’efforts afin d’accomplir leur devoir, la guerre en a fait des hommes. La mère malade, un enfant est resté seul pour cultiver une grande propriété ; il s’est mis bravement à l’œuvre et récolte chaque année une moyenne de 80 à 100 sacs de grain. Pendant qu’il travaille ainsi aux champs, son plus jeune frère âgé de dix ans, s’occupe du bétail ; tout est si bien qu’en visitant les champs et les étables, on oublie que le chef de la maison est parti ».

 

M. Pelletier à Theil-Rabier évoque les réquisitions : « A proprement parler, il n’y eut de réquisition que pour les chevaux, voitures et harnais. Toutes les autres fournitures nécessaires à l’armée et à la population civile, ont été faites à l’amiable, chacun donnant tout ce dont il pouvait disposer. La commune a ainsi livré à l’autorité militaire 52 chevaux, juments, mulets et mules, deux voitures à quatre roues et un harnais ».

 

M. Piveteau précise : « Le commerce local fut d’abord difficile. Les réserves étaient insignifiantes ; quelques habitants craignant l’enchérissement excessif des denrées, se hâtèrent de faire des provisions. La mobilisation accaparant les transports rendait impossibles les approvisionnements… Les choses reprirent leur cours normal lorsque les chemins de fer recommencèrent leur trafic ».

 

Mme Maumon, à Empuré confie : « Les travaux agricoles ont été effectués courageusement par les vieillards, les femmes des mobilisés et leurs jeunes enfants. Les moissons et les battages ont été faits en commun par les agriculteurs de la commune ».

 

M. Pelletier à Theil-Rabier cible les prix : « Le prix du lait acheté par la laiterie coopérative de Chef-Boutonne s’est élevé progressivement de 0,12 à 0,21 fr. le litre. Durant la deuxième année, les porcs gras vivants ont atteint le prix fort élevé de 220 fr. les 100 kg. ; quant aux porcelets, ils ont été extrêmement chers ».


Les instituteurs noteront sur le livre d’or les noms des premiers « Morts pour la France », ajouteront les disparus, les prisonniers, les blessés. Ces cahiers se terminent en 1916…

 

Revenons à Loubillé

1914-1918

  • Le 23 décembre 1914, Edmond André AUDOUIN, 23 ans, né le 25 janvier 1891 à Azay-le-Brûlé (79) de Jean André Audouin et Emilie Dupont, classe 1911, n° 730 au recrutement de Poitiers, matricule 6483 au corps, 1ère classe au 79e RI, tué à l’ennemi devant Langemarck (Belgique). Acte de décès transcrit le 10 mars 1916 à Loubillé. Non inhumé à Loubillé.
  • Le 30 septembre 1918, Théodore BEAUMONT, 40 ans, né le 28 septembre 1878 à Loubillé, classe 1898, n° 211 au recrutement de Poitiers, matricule 4378 au corps, 1ère classe au 329e RI, mort des suites de ses blessures de guerre sur le champ de bataille de la Vesle (Marne). Acte de décès transcrit le 4 février 1920 à Villemain (79).
  • Aimé BEILLARD, né le 22 mai 1890 à Lorigné de François Constant Beillard, journalier, et Clémence Beaubeau. Une sœur Adélaïde née à Loubillé le 22 octobre 1885.
  • Le 3 novembre 1914, Aimé BELIVIER, né le 15 septembre 1891 à Fomperron (79), soldat au 25e Régiment de Dragons, mort à bord du navire hôpital « Ceylan » des suites de ses blessures de guerre reçues le 2 novembre 1914 à Saint-Eloi (Belgique) - non transcrit. Figure aussi sur le Monument aux Morts de Longré (16).
  • Le 25 septembre 1915, Philippe BERGERON, 23 ans, né le 29 mars 1892 à Limalonges (79) de Alphonse Bergeron et Liza Mirebeau, célibataire et maçon, classe 1912, n° 334 au recrutement de Poitiers, matricule 1423 au corps, 2e classe au 169e RI, tué à l’ennemi à Vienne-le-Château (Marne). Jugement du tribunal de Melle du 30 juillet 1920, transcrit à Loubillé le 3 août 1920.
  • Le 14 septembre 1918, Henri Jean Alphonse BOISSEAU, 29 ans, né le 22 novembre 1889 à Saint-Fulgent (Vendée), fils de Jean Boisseau et Philomène Bordron, époux de Marie Texier, classe 1909, n° 444 au recrutement de Poitiers, matricule 1423 au corps, adjudant au 68e RI, tué à l’ennemi au combat de Vauxaillon (Aisne) en secteur nord. Acte décès transcrit le 7 août 1919 à Loubillé.
  • Le 29 mai 1915, Alexandre CHASSIN, 25 ans, né le 12 novembre 1890 à Loubillé, classe 1910, n° 1147 au recrutement d’Angoulême, matricule 06768 au corps, soldat au 125e RI, mort des suites de ses blessures de guerre à Noeux-les-Mines à l’hôpital temporaire n° 52 dans le Pas-de-Calais. Acte de décès établi le 18 juin 1915 à Noeux-les-Mines.
  • Le 18 février 1915, Léopold Frédéric CHATAGNAUD, 26 ans, né le 4 mai 1889 à Loubillé de Léopold Chatagnaud et Marie Clotilde Métreau, célibataire, soldat au 68e RI, Mort pour la France au 92 rue Saint Julien à Rouen.
  • Le 6 septembre 1914, EugèneAugustin CHATAIN, 24 ans, né le 15 février 1890 à Loubillé de Joseph Augustin Chatain et de Magdeleine Paillaud, cultivateur et célibataire, classe 1910, n° 360 au recrutement de Poitiers, matricule 06932 au corps, soldat au 125e RI, tué à l’ennemi à Oeuvy (Marne). Jugement du tribunal de Melle du 30 avril 1920 transcrit à Loubillé le 6 mai 1920.
  • Le 9 mai 1915, Ferdinand CLUZEAU, 35 ans, né le 23 décembre 1880 à Loubillé de Louis Cluzeau et Alexandrine Beaubeau, classe 1900, n° 1291 au recrutement de Poitiers, matricule 019102 au corps, soldat au 125e RI, tué à l’ennemi à Loos (Pas-de-Calais). Acte de décès transcrit à Loubillé le 10 août 1915.
  • Le 18 mai 1916, Eugène ThéophileCOLIN, 38 ans, né le 4 juillet 1888 à Loubillé de Antoine Colin et Valérie Martin, célibataire, classe 1910, n° 394 au recrutement de Poitiers, matricule 08070 au corps, soldat au 268e RI, tué à l’ennemi par éclats d’obus à la Cote 304 (Meuse). Acte de décès transcrit à Loubillé le 2 novembre 1916.
  • Le 20 août 1914, Maurice Léopold DAVID4, 27 ans, né le 17 mars 1887 à Loubillé de Henri David et Auzanie Perrin, classe 1907, n° 416 au recrutement de Poitiers, matricule 01929 au corps, soldat au 325e RI, tué à l’ennemi au combat de Nomény-Champenoux (Meurthe et Moselle). Acte de décès transcrit à Loubillé le 23 août 1915.
  • Le 16 avril 1917, Gaston DEGUERCY, 23 ans, né le 17 juillet 1894 à Loubillé de Jean Penot Deguercy et Eglantine Gratreau, célibataire et domestique, classe 1914, n° 753 au recrutement de Poitiers, matricule 7954 au corps, soldat au 4e RI, disparu au combat de Juvincourt (Aisne). Jugement du tribunal de Melle du 16 décembre 1921, transcrit à Loubillé le 19 décembre 1921.
  • Le 28 février 1916, Paulin GADIOU, 31 ans, né le 14 novembre 1885 à Loubillé de Pierre Gadiou et Marie Gervais, cultivateur, époux de Clémence Augustine Queron, classe 1905, n° 787 au recrutement de Poitiers, matricule 0680 au corps, soldat au 4e Bataillon de Chasseurs à Pied, disparu au combat au fort de Douaumont (Meuse). Jugement du tribunal de Melle du 10 septembre 1920 transcrit à Loubillé le 17 septembre 1920.
  • Le 20 juillet 1915, Ernest Célestin GIRRE, 31 ans, né le 13 novembre 1884 à Paizay-Naudouin de Alexis Girre et Marie Célina Robert, époux d'Augustine Queron, domiciliés à Paizay-Naudouin, classe 1904 matricule 019262, n°267 recrutement d'Angoulême, soldat à la 19e Cie du 307e Régiment d'Infanterie, mort en captivité à l'hôpital de Altengrabow (Allemagne) - jugement du 25 février 1920 à Ruffec, transcrit le 14 mars 1920 à Paizay-Naudouin et inscrit sur le livre d'or de cette commune.
  • Le 12 février 1915, Alexandre Sylvain MIRBEAUD, 34 ans, né le 20 mars 1881 à Loubillé de Pierre Mirbeaud et Louise Pizon, époux de Célina Athènes, cultivateur, classe 1901, n° 237 au recrutement de Poitiers, matricule 012401 au corps, soldat au 125e RI, mort des suites de ses blessures de guerre à l’hôpital de Poperinghe (Belgique). Acte de décès transcrit à Loubillé le 26 mars 1916.
  • MORIN, ne figure pas sur la plaque apposée dans l’église.
  • Clément MORIN, son nom été ajouté sur la plaque apposée dans l’église.

plaque_eglise.jpg

 

Il n’existe pas d’acte de décès à Loubillé de ces deux Poilus qui pourraient être de la famille Morin venue de Gâtine et apparentée à la famille Bodet. Peut-être des frères d’André Marcellin Morin né à Loubillé le 20 mars 1905, fils de Pierre Hyppolite Morin ce dernier né le 31 juillet 1861 à Chiché 79 et décédé à Loubillé le 26 mai 1925, et de Marie Alphonsine Brunet. Par ailleurs, il existait une autre famille Morin (voire deux) selon l’acte de décès de Joseph Morin le 28 décembre 1916, né le 29 octobre 1842 à Bouin, qui était l’époux d’Alexandrine Jousse.

  • Le 6 décembre 1917, Daniel PINAUD, 21 ans, né le 28 août 1896 à Loubillé de Louis Pinaud et Marie Augustine Bourreau, classe 1916, n° 1362 au recrutement de Poitiers, matricule 3304 au corps, soldat à la 5e compagnie du 66e RI, tué à l’ennemi à Arracourt (Meurthe-et-Moselle). Acte de décès transcrit à Loubillé le 15 février 1918.
  • A. PIZON (aucune information, pas d’acte de décès retrouvé, un Adrien Pizon né à Sainte-Soline en 1896 est décédé en 1916, ou Clément Augustin Pizon né à Chail en 1896 décédé en 1918).
  • Le 12 février 1918, Isidore QUERON, 27 ans, né le 4 juillet 1891 à Loubillé de Pierre Queron et Madeleine Macaud, célibataire, classe 1911, n° 778 au recrutement de Poitiers, matricule 13865 au corps, soldat au 117e RI, 6e  compagnie, (venait du 114 RI), tué à l’ennemi au Mont Haut, commune de Prosnes (Marne). Acte transcrit à Loubillé le 21 mai 1918.
  • Le 5 octobre 1917, Paul Alexandre René RÉMONDIÈRE, 33 ans, né le 4 juin 1884 aux Trois-Moutiers (86), fils de Louis Alexandre Rémondière et Nelly-Louisa Delaubier, figure sur la tombe de ses père et mère au cimetière de Loubillé. Il figure aussi sur le Monument aux Morts de Chef-Boutonne. Une sœur Marie Antoinette Yvonne née à Melle en 1892 et décédée à Melle le 1er septembre 1892.
  • Le 20 septembre 1916, Lucien Henri ROUSSEAU, 24 ans, né le 5 janvier 1892 à Loubillé, classe 1912, n° 388 au recrutement de Poitiers, matricule 4352 au corps, soldat au 90e RI, mort au front, victime de la tuberculose.
  • Le 7 octobre 1915, Armand ROUSSELOT, 24 ans, né le 11 juillet 1891 à Loubillé de Jean Rousselot et Marie Honorine Gillard, classe 1911, n° 1487 au recrutement de Poitiers, matricule 10451 au corps, soldat au 46e RI, tué à l’ennemi à Vauquois (Meuse). Acte transcrit à Loubillé le 15 décembre 1915.
  • Le 15 février 1915, Léon SICAUD5, 30 ans, né le 17 avril 1885 à Loubillé de François Sicaud et Adélaïde Augé, cultivateur et célibataire, classe 1905, n° 764 au recrutement de Poitiers, matricule 018721 au corps, soldat au 325e RI (277e RI à l’état civil), tué à l’ennemi à Xon-les-Ménils (Meurthe et Moselle), retrouvé le 21 février 1915. Jugement du 24 août 1918 à Melle, acte de décès transcrit le 3 septembre 1918 à Loubillé.
  • Le 16 décembre 1918, Albert Ernest TERRIÈRE, 32 ans, né le 6 mars 1886 à Loubillé de Joseph Terrière et Albertine Doucet, époux de Léa Réveillaud, classe 1906, n° 404 au recrutement de Poitiers, matricule 0884 au corps, soldat au 365e RI (après le 325 RI), mort des suites de maladie contractée en captivité au Lazaret, camp Meschède (Allemagne). Transcrit à Loubillé le 1er novembre 1920.
  • Le 3 novembre 1918, Emile TOUCHARD, 38 ans, né le 9 octobre 1880 à Loubillé, fils de Pierre Touchard et Marie Ferdonnet cultivateur et célibataire, classe 1900, n° 1282 au recrutement de Poitiers, matricule 09478 au corps, soldat au 327e RI, mort de ses blessures de guerre à l’hôpital complémentaire n°98 à Solesmes (Sarthe). Extrait du registre des décès transcrit à Loubillé le 4 novembre 1918. Inhumé à Loubillé.
  • Le 30 octobre 1918, Edouard TOUCHARD, 36 ans, né le 10 novembre 1882 à Loubillé de André Touchard et Henriette Viaud, époux de Clotilde Marie Pauline Guillaume, classe 1902, n° 346 au recrutement de Poitiers, matricule 3522 au corps, Sergent fourrier au 23e Régiment d’Infanterie Coloniale (RIC), 7e compagnie, tué à l’ennemi devant Saint-Fergeux (Ardennes). Transcrit le 28 novembre 1919 à Loubillé.
  • Le 30 août 1918, Paul Alfred TURCAT, 23 ans, né le 12 mars 1895 à Loubillé de Alfred Turcat et Marie Granet, classe 1915, n° 132 au recrutement de Poitiers, matricule 27316 au corps, soldat au 155e RI, tué à l’ennemi à Catigny (Oise). Jugement du 11 février 1922, transcrit le 12 février 1922 à Loubillé. Inhumé à Loubillé.

Le retour des corps (guerre 1914-1918)

Des familles n’avaient pas attendu qu’on les autorise, pour aller chercher la dépouille de leur fils mort au combat. En conséquence, à Nancy, le 6 octobre 1914, Léon Mirman, préfet de Meurthe-et-Moselle arrête :


« Considérant le cas d'une famille qui demande l'autorisation d'exhumer un des siens, tué au champ d'honneur, alors que le jeune héros a été inhumé dans une tranchée avec un certain nombre d'autres combattants ; qu'une telle exhumation serait doublement inadmissible puisque, d'une part, elle ne pourrait être effectuée sans manquer de respect aux camarades moins fortunés du soldat défunt, puisque d'autre part il est certain que celui-ci, s'il avait pu faire connaître sa volonté, aurait exprimé le désir de n'être pas séparé de ceux dont il a partagé les espérances, les dangers et la mort, près desquels il a combattu, il est tombé, il a souffert et auxquels il a été réuni dans la même tombe ; que si l'exhumation ne peut être opérée qu'après un délai de un ou trois ans, lorsque le défunt a succombé à une maladie contagieuse, elle peut l'être au contraire, sans conditions de délai lorsqu'il s'agit d'une personne ayant succombé soit à une mort violente, soit à la suite de blessures reçues dans un engagement militaire… Peuvent être pratiquées sans conditions de délai, mais avec les précautions antiseptiques d'usage, les opérations d'exhumation et de transport, des corps de militaires tombés au champ d'honneur. Cette exhumation ne peut être autorisée que si le mort a été enterré seul et dans une tombe nettement repérée, de façon qu'il n'y ait pas lieu de la rechercher et de risquer, au cours de ces recherches, de déplacer les restes d'autres Français morts comme lui au champ d'honneur. En particulier, elle est rigoureusement interdite, là où le militaire que sa famille voudrait exhumer, a été enterré dans une même tranchée ou fosse commune avec ses compagnons d'armes et de gloire. »


Après guerre, il faudra un long délai, au moins trois ans pendant lesquels on prévoit d'imposer l'interdiction générale du transport des corps des militaires sur tout le territoire, trois ans avant que les exhumations et le transfert puissent être autorisés. Le 31 mai 1919, la commission nationale des sépultures militaires chargée de l'examen du projet de loi à soumettre au Parlement se réunit sous la présidence du général de Castelnau. Les controverses qui l'agitent ne font que refléter l'opinion générale, et ses membres doivent faire la part entre la peine des pères et la raison. Face aux familles qui veulent absolument rapatrier les corps de leurs chers disparus, il y a ceux qui préfèreraient que ces derniers reposent en compagnie de leurs camarades sur le lieu même des combats. Finalement, les corps seront exhumés et rapatriés par chemin de fer.


« Le gouvernement6 déposera un projet de loi tendant à l’interdiction sur la totalité du territoire français pendant une période de trois années à compter du 12 janvier 1919 de l’exhumation et du transport des corps des militaires ou marins français, amis ou ennemis, tués à l’ennemi ou décédés pendant la guerre. Les exhumations nécessitées par la réfection des cimetières, le groupement des tombes isolées, la libération des terrains privés et toutes mesures intéressant l’hygiène et la santé publiques seront faites dans le territoire qui a constitué la zone des opérations militaires exclusivement par les soins de l’état civil aux armées. »


Mais la loi du 31 juillet 1920 prévoit le transfert aux frais de l'Etat des restes des militaires, marins et victimes civiles décédés pendant la guerre. L'Etat fournit les cercueils d'un modèle réglementaire et assure le transport. Des précisions sont apportées par leJournal de Ruffec


Edition du 21 septembre 1920 : « … Actuellement, dit M. Martin, seules les familles riches peuvent faire revenir les corps de leurs parents ou amis. Je demande au président du Conseil si le gouvernement est disposé à créer un service à cet effet. »


Edition du 30 janvier 1921 : « M. le Ministre des pensions a décidé, pour tenir compte du désir exprimé par un certain nombre de familles dont les demandes sont parvenues à l’Administration après le 2 janvier, de reporter jusqu’au 15 février la date limite après laquelle les demandes de transferts au frais de l’Etat des corps exhumés en France et en Belgique ne pourront plus être acceptées. »


Edition du 3 avril 1921 : « Le gouvernement vient de déposer un projet de loi pour réglementer les opérations d’exhumation et de transfert des corps des militaires et marins morts pour la France. Le rapporteur propose de fixer les tarifs suivants pour le transfert des cercueils entre la gare et le cimetière et pour l’inhumation : à 35 fr. pour les communes de 1.000 hab. (lorsque la distance est supérieure à 4 kilomètres, le tarif kilométrique intervient à raison de 3 fr. par kilomètre) ; à 55 fr. pour les villes de plus de 50.000 hab. et la banlieue de Paris. »


Edition du 29 mai 1921 : « Les familles nécessiteuses peuvent demander aux généraux des régions sur le territoire desquelles sont leur résidence, le transport aux frais de l’Etat des restes des militaires et marins décédés sous les drapeaux en temps de paix. En outre, le ministre des pensions continue à assurer les transports des corps des militaires et marins décédés entre le 2 août 1914 et le 24 octobre 1919, ou de ceux qui, entrés dans un hôpital avant cette dernière date, y sont morts ultérieurement. »

L’expérience de la grande guerre n’aura pas suffi à calmer les ardeurs des guerriers. Un quart de siècle plus tard, les enfants des Poilus sont mobilisés à leur tour. Tous ne reviendront pas à Loubillé. Les autres conserveront à jamais des souvenirs d’horreur.

Sépulture des « Morts pour la France »

Le principe d'établissement de sépultures perpétuelles pour les défunts « Morts pour la France » a été instauré par la loi du 29 décembre 1915, elle aussi actualisée et intégrée dans le code des pensions militaires d'invalidité7. Les dépenses relatives à ces sépultures (acquisition, occupation, clôture, entretien...) sont à la charge de l'Etat. Il est cependant prévu (art. 6) que l'entretien des sépultures peut être confié, sur leur demande et par convention avec l'Etat, soit aux municipalités, soit à des associations régulièrement constituées (comme le Souvenir Français). Ces sépultures se répartissent essentiellement en cimetières nationaux entretenus par l'Etat (nécropoles nationales telles que Notre-Dame de Lorette, Douaumont... ) et cimetières communaux entretenus par la commune ou par le Souvenir Français. Les tombes y sont généralement regroupées dans un « carré militaire ».


Les dépouilles de très nombreux soldats « Morts pour la France » ont, d'autre part, sur demande de leur famille, été « restituéés » à leurs proches pour être inhumées dans des sépultures familiales. Dans ce cas, l'entretien des tombes incombe aux familles.


Mais avec le temps et la disparition des familles, ces sépultures ne sont plus entretenues. En 1968, les communes ont été invitées à rassembler « les restes mortels » dans un carré ou ossuaire spécial. Depuis 1998, les communes sont invitées à signaler les sépultures en état d’abandon au « Souvenir Français » qui, ponctuellement pourrait les rénover.


1939-1945

  • Le 19 mai 1940, Fernand Henri RANGER, 26 ans, né le 12 août 1914 de Henri Ranger, 30 ans, instituteur à Chérigné (79) et Clémence Pillard, matricule EV84, recrutement de Niort, instituteur, Aspirant au 125e RI, décédé à Beauvais (Oise) à l’hôpital complémentaire N° 2. Inhumé à Loubillé.
  • Le 10 juin 1940, Emile BRUN, 23 ans, né le 19 janvier 1917 à Maisonnais (79) de Hyppolite Brun et Augustine Moine, domicilié en dernier à Puy-Chauvet (Loubillé), matricule 600, recrutement de Niort, soldat au 94e Régiment d’Infanterie, Mort pour la France à Saint-Vaast de Longmont (Oise) - inhumé à Hanc.
  • Le 30 décembre 1943, Clovis Louis Lucien POINT, 29 ans, né le 14 juin 1914 à Saint-Jouin-de-Milly (79) de Auguste Alexandre Point et Marie Sidonie Gautreau, célibataire, domicilié à Loubillé, soldat au 22eBataillon d’ouvriers d’artillerie, prisonnier de guerre Mort pour la France à Nuremberg Langwasser (Allemagne).
  • Le 19 décembre 1944, Raymond JOUSSE, 20 ans, né le 24 avril 1924 à Loubillé, soldat FFI au Maquis Foch. Blessé et fait prisonnier sur le front de La Rochelle au Gué d’Alleré le 15 décembre 1944, selon Lucien Couturier et Jacques Faugerat, auteurs de « Bataillon Foch » paru en 1977, page 233 : « A la liste déjà si longue de nos camarades tombés au champ d’honneur, le 15 décembre dernier, nous avons la douleur d’ajouter sept nouveaux noms : ce sont ceux de soldats du Régiment qui, grièvement blessés et faits prisonniers, sont décédés à l’hôpital de La Rochelle, nous savions, du reste, que la presque totalité de nos prisonniers, ne l’avaient été que parce qu’ils étaient blessés et dans l’impossibilité de regagner nos lignes ». Mort pour la France au Marine Lazareth, avenue Pierre Loti à La Rochelle.
  • Le 31 août 1945, Auguste Eléonor RIVAUX, 40 ans, né le19 juin 1905 à Loubillé de Théodore Constant Rivaux et Germaine Talbot, ép. de Augusta Eléonore Rousseau, prisonnier de guerre rapatrié, décédé à l’hôpital de Niort. Mort pour la France.

Les prisonniers de guerre qui purent revenir dans leurs foyers en 1945, ont  souvent méditer les propos de Pétain lus dans l’« Almanach de la famille française » en 1941. « Vous serez bientôt rendus à vos foyers » promettait le « bienheureux » Maréchal (sic).


« (...) Trop peu d'enfants, trop peu d'armes, trop peu d'alliés, voilà les causes de notre défaite. Le peuple français ne conteste pas ses échecs. Tous les peuples ont connu tour à tour des succès et des revers. C'est par la manière dont ils réagissent qu'ils se montrent faibles ou grands. Nous tirerons la leçon des batailles perdues. Depuis la victoire, l'esprit de jouissance l'a emporté sur l'esprit de sacrifice. On a revendiqué plus qu'on a servi. On a voulu épargner l'effort : on rencontre aujourd'hui le malheur. (appel du 20 juin 1940) (...)

(...) C'est vers l'avenir que, désormais, nous devons tourner nos efforts. Un ordre nouveau commence. Vous serez bientôt rendus à vos foyers. Certains auront à le reconstruire. »


Les prisonniers de guerre auraient simplement aimé dire, tout de suite, à leur mère, leur épouse, leurs enfants, leur famille, leurs voisins et amis : « Famille, nous voilà ».

______________________

1 Archives départementales des Deux-Sèvres, série dépôt archives communales.

2 Site Internet des archives départementales de la Charente.

3 Tuzie borde la voie-ferrée Paris-Bordeaux.

4 Léopold David était dans le même régiment de réserve qu’Alexandre Ayrault de Lorigné. Pour en savoir plus sur les combats du 325e RI à Champenoux, consulter cet ouvrage du GRAHV publié en 2006 : ALEXANDRE AYRAULT, Mon journal de guerre, du 13 août 1914 au 26 août 1916, de Lorigné à Nomeny... page 18.

5 Léon Sicaud était dans le même régiment de réserve qu’Alexandre Ayrault de Lorigné. Pour en savoir plus sur les combats du 325e RI, Affaire de Xon (13 et 17 Février 1915), consulter cet ouvrage du GRAHV publié en 2006 : ALEXANDRE AYRAULT, Mon journal de guerre, du 13 août 1914 au 26 août 1916, de Lorigné à Nomeny... page 134.

6 Le Journal de Ruffec, édition du 2 mars 1920.

7 Note du « Souvenir Français.

 

____________________________

 

L’ABBÉ DANIEL BONNIN

Un enfant de Loubillé mort en déportation


Daniel Bonnin est né le 19 mars 1907 à Potonnier, commune de Loubillé. C’est le troisième enfant d’un couple d’agriculteurs originaires du nord des Deux-Sèvres.

Le mariage des parents de Daniel Bonnin avait eu lieu le 2 février 1903 à Fomperron (canton de Ménigoute, 79), commune de l’épousée. Le marié est Frédéric Bonnin, dit cultivateur, né le 3 octobre 1872 à Azay-sur-Thouet (canton de Secondigny, 79) qui réside à Vausseroux (canton de Ménigoute). Ce garçon signe d'une marque. La mariée, Louise Renaudet, est née le 15 avril 1883 à Fomperron (79) où elle habite. Elle est dite sans profession, comme c’est souvent le cas pour les femmes ce qui ne veut pas dire qu’elles ne travaillent pas. Elle signe aussi d'une marque.

 

Neuf enfants naîtront de cette union, dont deux décédés en bas âge. Le premier enfant du couple, Marcelle, est née en 1904 à Fomperron. Puis vient Daniel le 19 mars 1907 à Potonnier (son père est dit fermier, âgé de 34 ans et sa mère Louise Renaudet a 24 ans). Suivent à Potonnier : Firmin Léopold le 4 janvier 1911 mais décédé le 7 septembre suivant, Paul en 1913, Jean Joseph le 27 juin 1915, Lucie Marie-Ange Clémentine le 28 juin 1916, Marie Maurice René né le 20 avril 1919 (enfant décédé car il ne figure pas sur le recensement de Sauzé en 1921 et 1926) et Olivier en 1923 à la Bonnière de Sauzé-Vaussais. En tout neuf enfants dont deux nourrissons décédés.

 

« Daniel souffre déjà des bronches, sa mère lui interdit d’aller à l’école à 3 kilomètres ». La famille ne s’éternise pas à Loubillé et déménage au village de La Bonnière près de Sauzé-Vaussais où elle trouve plus d’espace pour se loger1, sans doute à la Saint-Michel 1920. En 1921, le recensement comptabilise six enfants et les deux parents. En 1925 à La Bonnière, ils ne sont plus que quatre à résider avec leurs parents : Marcelle, Lucie, Paul et Olivier.

 

L’abbé Jérôme de la Roulière, curé de Smarves jusqu'en 2009, rend hommage à « son ancien » dans un bel ouvrage « Le clergé poitevin face à la barbarie nazie, paru en 2005 » dont il a bien voulu nous fournir un exemplaire. Nous lui emprunterons quelques passages.


Le curé de Sauzé-Vaussais l'envoie à 14 ans (921) au petit séminaire de Montmorillon. Avant, il lui enseigne le latin. C’est la maman qui désigne ce fils pour servir le Seigneur, parce qu’au sein de la fratrie, c’est sans doute lui le plus faible physiquement. D’ailleurs, sa santé déficiente le fera souvent quitter le séminaire pour aller se reposer en famille. Ce qui ne l’empêchera pas de faire de belles études et d’être bachelier à 18 ou 19 ans.

 

abbe_bonnin.jpgCliché offert par l'abbé Jérôme de la Roulière.


« Il est reçu au bachot et prend la soutane le 25 mars 1926 ». Daniel Bonnin est ordonné prêtre le 17 décembre 1933. Le 18 décembre, il célèbre sa première messe à Rouillé (86) où a déménagé sa famille. Il sera d’abord professeur au collège Saint-Charles de Thouars où il enseigne le latin et garde le dortoir le soir. Il dessert la paroisse de Missé et visite les malades à l’hôpital. Puis il est nommé curé à Genouillé, dans la Vienne, en 1935. Il reprend ses études à l’université de Poitiers qu’il rejoint à motocyclette.

Son père décède en 1938, le Père Daniel demande à être rapproché de Poitiers. Il rejoint la paroisse de Smarves2, à partir du 3 juillet 1938. Et loge sa famille (sa mère, trois frères et sœurs) au presbytère3. Le village qui compte alors 722 habitants est à 2 km de la gare de Ligugé et 8 de Poitiers.

 

__________________

1 Abbé Jérôme de la Roulière, Le clergé poitevin face à la barbarie nazie, 2005.

2 « Le clergé poitevin face à la barbarie nazie », un ouvrage paru en 2005 (P. Oudin imprimeur à Poitiers) en honneur de l’Abbé Bonnin. « Je l'ai écris pour commémorer le soixantième anniversaire de sa mort. On peut trouver cet ouvrage chez tous les grands libraires de la Vienne. » expose l’Abbé Jérôme de La Roulière, curé de Smarves.

3 La ville de Smarves du canton de la Villedieu-du-Clain de l'arrondissement de Poitiers. Les habitants sont 2156 au recensement de 1999.

 

 

Le Père Bonnin obtient à l’université les certificats d’études latines, grecques, de grammaire et philosophie. A Smarves, il participe aux matchs de football et crée un groupe de théâtre, le patronage Saint-Félix. Avec la recette des représentations théâtrales, il fait construire une salle paroissiale.

Il est mobilisé en avril 1940. A l’issue de la campagne, il est démobilisé fin juillet, démoralisé par la défaite. Il nourrit alors des relations avec des membres de la Résistance de la Vienne, ce qui entraînera son arrestation le 30 septembre 1942. Mais il avait déjà été emprisonné à la prison de la Pierre-Levée en juillet 1941 pour s’être rebellé contre l’occupant.

Son chemin de croix le mènera jusqu’au sacrifice final. Arrêté à nouveau à la fin de 1942, quand tombe son réseau, il sera incarcéré à la prison de la Pierre-Levée à Poitiers jusqu’au 12 février 1943. De là il est transféré à Fresnes le 15 février 1943. Il quitte la France, on le retrouve au camp d’Ingert en Allemagne, d’où il est envoyé à la prison de Wolfenbüttel-Breslau en décembre. « Le 18 avril, à 6h du matin, tous les Poitevins du réseau Louis Renard attendent, mis à nus dans la cour (…). » Il ne sera pas un prisonnier docile. Et sera « emmuré » dans la forteresse de Breslau. Il est emprisonné au camp de Gross-Rosen en Silésie le 12 octobre 1944, et à Calo de Dora, commando de Buchenwald, le 20 février 1945. « Incapable de travailler, les SS l’envoient au camp d’extermination de Nordhausen tout proche, immense garage à tank, désaffecté, sans rien, absolument rien, une immense salle nue, et là dedans un millier d’hommes et des cadavres dans les coins (…). » Il y décède le 3 avril 1945 à la suite d’un bombardement allié de la ville de Weimach toute proche.

 

Le réseau Renard

L’Abbé Daniel Bonnin était membre du réseau de résistance Louis Renard, premier réseau créé en France, le 31 août 1940. Un réseau dont les membres ont payé chèrement pour nous offrir notre liberté. En effet, dix résistants ont été décapités à la prison de Wolfenbuttel, le matin du 3 décembre 1943, dix-sept sont morts dans l’univers concentrationnaire sur vingt-neuf arrêtés dans une première vague d’arrestations, puis une seconde en mars 1944.


« Le 31 août 1940, Louis Renard, avoué à Poitiers, glorieux combattant de la guerre 14-18, officier de la Légion d’honneur,

grand mutilé de guerre, qui, mobilisé en 1939 comme agent de liaison entre les troupes anglaises et françaises, faisait parvenir au Général de Gaulle à Londres une lettre dans laquelle il se mettait à la disposition du chef de la France Libre et lui demandait ses instructions en lui rendant compte de la situation en France occupée. »

Louis Renard est, à la fin d’avril 1941, le chef de la Résistance dans la Vienne. Il a pour adjoints Gaston Chapron1 et Noël Sorin. Des liaisons sont effectuées avec les départements de Touraine, Vendée, Charente, Deux-Sèvres. Le réseau entre en contact avec l’Armée Volontaire. L’Organisation Renard devient réseau de renseignements de la France Combattante. Les renseignements sont transmis à Londres par radio. Louis Renard est le chef de l’Armée Volontaire du Poitou. A Londres, le réseau porte le numéro 10.051. Et l’indicatif pour les messages personnels : « Tante Gertrude est très mal ».

 

1942, année noire, une imprudence à Niort fait découvrir le réseau, un paquet découvert à la Poste contenant des documents témoignant d’une activité clandestine à Poitiers, au cours d’un sondage ordonné par le Directeur des Postes. L’information est transmise au Préfet des Deux-Sèvres puis au Préfet régional qui siège à Poitiers. Le dossier est transmis à Vichy qui l’envoie à la Gestapo à Paris.

 

« Le 27 août 1942 ont lieu les premières arrestations : à Niort, à Poitiers, à Mirebeau ; le 30, Me Louis Renard à Ligugé… Avec le concours de la police de Vichy et de la Gestapo, les Allemands arrêtent plus de cent personnes qui seront transférées à la prison de Fresnes à Paris le 12 février 1943. Déportées en Allemagne à la prison de Trèves le 18 février et le 19 au camp de concentration d’Hinzert où elles décédent. (…) »

 

Les rescapés rejoignent la prison de Wolfenbüttel le 19 avril, où ils doivent passer en jugement. Dix sont jugés le 13 octobre 1943 et condamnés à mort. Il seront guillotinés le 3 décembre 1943. Les autres furent dirigés en Silésie le 14 octobre 1943 et connaîtront les camps de Gross Rosen et le Kommando de Kletendorf. C’est là que périt l’Abbé Bonnin en mars 1945. Ramenés à Dachau, des survivants sont libérés le 29 avril 1945.


Pas d’inscription de l’Abbé Daniel Bonnin, Mort pour la France, sur les Monuments aux morts, à Loubillé ni à Smarves.

_________

1 Le commandant Gaston Chapron, ancien de 14-18, tenait une étude voisine de celle de Louis Renard. Il avait mis sur pied un premier groupe de onze personnes avec pour objectifs : le renseignement, le sabotage, des filières pour passer de la ligne de démarcation.

 

____________________________

 

 

fouquaud_plaque.jpg

 

Qui étaient ces frères FOUQUAUD ?

 

________

 

Guerre d’Indochine


La seconde guerre mondiale à peine achevée débutent de violents combat en Indochine. Deux enfants de Loubillé ont été ajoutés sur le monument aux morts, place de la mairie.

  • Le ? juillet 1954, Guy Roland BABIN, 24 ans, né le 1er décembre 1930 à Loubillé de Denise Geneviève Evelina Babin, célibataire, recrutement de Poitiers, matricule au corps 571, Sergent au 3e Bataillon Thaï, Mort pour la France en captivité au camp 75 - transcrit à Loubillé le 25 février 1955.
  • Le 6 septembre 1945, Joseph MIREBEAU, 35 ans, né le 10 juin 1910 à Paris de Léon Mirebeau et Marie Billochon, célibataire, domicilié en dernier lieu à Loubillé, matricule 1746, soldat de 1ère classe au 10e Bataillon Indochinois, Mort pour la France à Kratie (Cambodge) - transcrit à Loubillé le 29 avril 1949.

Partager cette page

Repost 0
Published by

Présentation

  • : Le blog de artistesdeloubille.over-blog.com
  • : Chassino ombromane antipodiste international, Marffa la Corse dompteuse de fauves (et Martha la Corse), C. Lestin auteur de cartes postales en patois, plein d'artistes à découvrir...
  • Contact

Recherche

Croqué par Philippe Larbier

pbaudouin2.jpg